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La Source

Les rivières d'abord

Chaque peau que nous tannons est née dans une rivière sauvage de la Côte-Nord, sur un poisson pêché pour la table par des mains d'ici. Cette page raconte d'où vient la matière — et ce que nous devons au territoire.

Côte-Nord

Parmi les dernières grandes rivières à saumon

Au nord du Saint-Laurent, le bouclier boréal verse ses rivières dans la mer — une eau froide, sombre de tanin, qui traverse une forêt jamais défrichée. La Moisie. La Godbout. La Mingan et les rivières d'au-delà. Le saumon atlantique sauvage y remonte encore chaque été, comme il le fait depuis le retrait des glaces.

Le saumon atlantique est sous pression sur toute son aire de répartition. Les montaisons d'ici comptent parmi les plus saines qui restent, et elles sont surveillées de près — comptées, gérées, débattues, protégées par des gens dont les familles pêchent ces rivières depuis des générations.

C'est ici que nous vivons et que nous travaillons. La tannerie existe grâce à ces rivières, et elle ne vaudra jamais mieux qu'elles.

Sous-produit

Aucun poisson n'est pris pour sa peau

Nos peaux sont des sous-produits de la pêche locale existante. Les poissons ont été pêchés pour la table — par des pêcheurs sportifs, par des transformateurs d'ici — et leurs peaux s'en allaient aux rebuts avant d'arriver chez nous. Nous n'ajoutons aucune demande de saumon. Nous prenons ce que la table laisse.

C'est une contrainte dure, et elle nous convient. L'approvisionnement est limité par ce que la pêche débarque légalement en une saison, donc la production l'est aussi. Quelques centaines de peaux par année, pas quelques centaines de milliers. Le numéro sur chaque peau est honnête.

Chaque peau est consignée à l'arrivée : de quelle rivière venait son poisson, en quelle saison, de quelles mains. Ce registre suit la peau à travers les cuves jusqu'à sa page permanente dans l'archive.

Nous n'ajoutons aucune demande de saumon. Nous prenons ce que la table laisse — et nous gardons le nom de la rivière dessus.
Le Retour

Une part de chaque vente retourne à la rivière

Une part fixe de chaque vente est versée à la restauration de l'habitat du saumon et aux travaux de conservation des rivières de la Côte-Nord. Pas un geste — un coût d'exploitation, budgété comme l'écorce et le sel.

Nous gardons aussi l'empreinte du travail lui-même au plus bas. Le tannage à l'écorce ne produit aucun effluent de chrome. Les volumes sont petits. L'écorce est ramassée dans la même forêt que traversent les rivières, et les écharnures et retailles vont au compost, pas à l'enfouissement.

Si un jour les rivières ne peuvent plus se passer de leurs poissons, il n'y aura pas de cuir. Nous l'acceptons. C'est la seule façon honnête de faire quelque chose d'un animal sauvage.

La méthode que ces peaux méritent, au complet.

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